Suède : transposition de la directive européenne sur la transparence des rémunérations suspendue dans l'attente d'une renégociation au niveau de l'UE
Le gouvernement suédois a publié son projet initial de transposition de la directive européenne sur la transparence des rémunérations en mai 2024 : « Genomförande av lönetransparensdirektivet ».
Le 15 janvier 2026, un projet de proposition a été soumis au Conseil de la législation (Lagrådet) – la dernière étape avant d'être soumis au parlement pour débat.
L'intention initiale était que la législation entre en vigueur le 1er juillet 2026 ; cependant, le 11 mars 2026, le gouvernement a annoncé un report au 1er janvier 2027, les premiers rapports salariaux au médiateur pour la non-discrimination (DO) étant reportés au plus tard au 20 mai 2028.
Le 26 mars 2026, le gouvernement est allé encore plus loin, annonçant qu'il n'avait pas l'intention de soumettre au Riksdag de proposition sur la directive, et qu'il pousserait plutôt au niveau de l'UE pour reporter la date limite de transposition et renégocier la directive. La position du gouvernement est que la directive telle qu'elle est conçue est trop contraignante sur le plan administratif et risque de compromettre ses propres objectifs en matière d'égalité des genres. Les exigences existantes de la loi suédoise sur la non-discrimination restent en vigueur dans l'intervalle.
Le projet de loi suspendu de la Suède diffère des exigences minimales de la directive européenne sur la transparence des rémunérations sur quelques points clés :
- Seuil de cartographie salariale écrite abaissé à 25 salariés. La loi suédoise sur la non-discrimination impose déjà une cartographie salariale à tous les employeurs (avec documentation écrite obligatoire pour ceux de 25 salariés et plus), alors que les exigences formelles de reporting de la directive ne s'appliquent qu'aux employeurs de 100 salariés et plus.
- Délai de prescription allongé pour les recours en discrimination. Les salariés disposent de trois ans pour déposer des recours en discrimination liés à l'équité salariale, contre des délais plus courts dans de nombreuses autres juridictions.
- Accès direct des syndicats aux procédures judiciaires. Les syndicats peuvent déposer des recours en discrimination directement auprès du tribunal du travail, sans passer préalablement par le médiateur pour la non-discrimination (DO).
- Les employeurs dont l'écart de rémunération dépasse 5 % dans une catégorie reportée doivent soumettre leur rapport au DO, qui collectera les données et présentera publiquement les résultats agrégés.
- Amendes pour non-conformité. Les employeurs qui ne soumettent pas leur rapport salarial au DO ou ne respectent pas leurs obligations d'information envers les candidats et les salariés seront soumis à des amendes.
La proposition est également adaptée pour s'aligner sur le droit du travail et la culture professionnelle locale en Suède :
- Obligations de divulgation des dispositions des conventions collectives. Parallèlement à la fourchette salariale, les employeurs doivent communiquer aux candidats les dispositions applicables des conventions collectives avant le début des négociations salariales.
- Les représentants du personnel peuvent faciliter les demandes d'information. Les salariés peuvent exercer leur droit à l'information sur l'égalité de rémunération via les représentants du personnel (obligatoires dans toutes les entreprises de 25 salariés et plus), plutôt que de s'adresser directement à leur employeur.
- Formats accessibles pour les salariés en situation de handicap. Les informations sur les grilles salariales et les données d'égalité de rémunération doivent être fournies dans des formats accessibles aux salariés en situation de handicap.
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