4. Le seuil de 5 % — et le processus de correction multi-étapes via le CSE
La règle des 5 % de la directive impose aux employeurs d'agir dès lors qu'un écart de rémunération au sein d'une catégorie de travailleurs dépasse ce seuil sans pouvoir être justifié par des critères objectifs et neutres du point de vue du genre.
L'avant-projet français remplace la procédure de bilan commun unique prévue par la directive par une procédure séquentielle en plusieurs étapes, impliquant le CSE à chaque stade :
Étape 1 — Première déclaration : Si un écart significatif est identifié, l'employeur doit soit le justifier par des critères objectifs neutres (après consultation du CSE sur ces justifications), soit engager immédiatement des négociations sur des mesures correctives.
Étape 2 — Délai de correction de six mois : Si l'écart ne peut pas être justifié, l'employeur dispose de six mois pour le corriger par accord collectif ou décision unilatérale, puis re-déclarer l'indicateur — après nouvelle consultation du CSE.
Étape 3 — Deuxième déclaration : Si l'écart reste injustifié ou non corrigé, l'employeur doit conduire un bilan de rémunération conjoint avec les représentants du personnel.
Étape 4 — Délai de 12 mois : Un accord collectif ou plan d'action doit être déposé auprès des autorités du travail dans les 12 mois suivant l'ouverture de la période de déclaration.
Le seuil exact déclenchant cette procédure sera fixé par décret — et la France a expressément laissé ouverte la possibilité de le fixer en dessous de 5 %, ce qui serait plus strict que le plancher de la directive.
Pour les entreprises de 250 salariés et plus, un bilan conjoint achevé reste valable trois ans (couvrant deux cycles de reporting), même si les obligations annuelles de reporting et de consultation du CSE se poursuivent.