Les avantages spécifiquement français à connaître
Ce sont les éléments qui distinguent vraiment le marché français — et que tout responsable RH ou comp & ben travaillant sur la France doit intégrer.
Le 13ème mois
La prime de 13ème mois n'est pas une obligation légale universelle, mais elle est prévue par de nombreuses conventions collectives et contrats. Elle représente l'équivalent d'un mois de salaire supplémentaire, versé généralement en fin d'année (ou en deux fois, en juin et en décembre). C'est un avantage que les candidats français anticipent souvent — il vaut toujours la peine de clarifier si votre entreprise le pratique ou non, et pourquoi.
L'intéressement et la participation
Ces deux dispositifs d'épargne salariale sont des piliers de la rémunération globale en France.
- La participation est obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés : elle représente une quote-part des bénéfices redistribuée aux salariés.
- L'intéressement est un accord facultatif liant une prime collective aux performances de l'entreprise (résultats, objectifs de productivité, etc.).
D'après les données de Figures, 48 % des entreprises ont mis en place un accord d'intéressement, en hausse de 8 points sur un an. Les sommes versées peuvent être investies dans un Plan d'Épargne Entreprise (PEE) ou un PER Collectif (PERCOL) — deux véhicules d'épargne bénéficiant d'avantages fiscaux attractifs pour l'employeur comme pour le salarié.
Ces dispositifs sont souvent méconnus des candidats — les mettre en avant clairement dans vos offres d'emploi est un avantage compétitif réel.
Les chèques vacances
Les chèques vacances permettent aux salariés de financer leurs dépenses de loisirs, de transport et d'hébergement en France et dans l'Union européenne. Ils sont cofinancés par l'employeur (50 à 80 % selon le niveau de revenus) et exonérés de charges sociales dans certaines limites. Leur gestion est souvent confiée au CSE (Comité Social et Économique) dans les entreprises de plus de 50 salariés.
Le CSE et les avantages en nature
Pour les entreprises de plus de 50 salariés, le CSE dispose d'un budget dédié aux activités sociales et culturelles — places de cinéma, abonnements sportifs, voyages, chèques cadeaux, crèche d'entreprise. Ces avantages ne transitent pas directement par l'employeur mais représentent une valeur réelle pour les salariés. Le budget CSE est financé par l'employeur à hauteur de 0,2 à 2 % de la masse salariale.
La prévoyance collective
Au-delà de l'obligation spécifique au statut cadre, la grande majorité des employeurs français proposent une prévoyance collective couvrant l'ensemble des salariés en cas d'incapacité de travail, d'invalidité ou de décès. Ces contrats complètent les indemnités journalières de la Sécurité sociale, portant souvent la couverture à 70-90 % du salaire brut. 70 % des employeurs proposent ce type de couverture.
L'assurance décès (assurance vie collective)
Distincte de l'assurance vie individuelle, l'assurance décès collective garantit le versement d'un capital aux ayants droit en cas de décès du salarié. Le montant est généralement calculé comme un multiple du salaire annuel brut. 80 % des employeurs proposent cette couverture, qui rassure les salariés sur la protection de leur famille.
Le forfait mobilité durable
Distinct de la prise en charge obligatoire des transports en commun, le forfait mobilité durable est un dispositif optionnel permettant de rembourser les frais de déplacement domicile-travail effectués à vélo, en trottinette électrique ou en covoiturage. Jusqu'à 600 € par an sont exonérés de charges (900 € s'il se cumule avec le remboursement des transports en commun). 46 % des entreprises l'ont déjà mis en place, selon les données Figures.