1. Définir le périmètre
Déterminez quelles caractéristiques protégées, quelles composantes de rémunération et quelles populations de salariés l'analyse va couvrir. Le genre est le minimum, et l'objet central des obligations de la directive. Une analyse complète examine également l'origine ethnique, l'âge et le statut de handicap. Le salaire de base est le point de départ ; une analyse complète inclut la part variable, les actions et les avantages sociaux – soit la vision globale du package de rémunération que la directive exigera.
2. Collecter et nettoyer vos données
Vous aurez besoin de données de rémunération croisées avec le niveau de poste, la fonction, la localisation, l'ancienneté, la note de performance et les identifiants de caractéristiques protégées. Extrayez ces données depuis votre SIRH (Système d'Information de Gestion des Ressources Humaines) et vos outils de paie. Nettoyez le jeu de données avant de l'analyser – les valeurs manquantes, les intitulés de poste incohérents et les niveaux mal renseignés faussent l'ensemble de l'analyse.
3. Définir des groupes comparables
Avant de calculer le moindre écart, construisez une vision cohérente de la valeur relative de chaque poste dans l'organisation. L'évaluation des postes – via une méthodologie structurée qui évalue les rôles selon des critères objectifs (compétences, responsabilités, conditions de travail, périmètre) – est le socle des groupes comparables au sein desquels le calcul d'écart a un sens.
Ces groupes correspondent également aux « catégories de travailleurs exerçant un travail égal ou de valeur égale » sur lesquelles la directive vous oblige à reporter. Sans eux, vous comparez des rémunérations sur l'ensemble de l'organisation ou selon des frontières arbitraires, ce qui ne dit pas grand-chose de la discrimination réelle.
Documentez la méthodologie. Elle sera nécessaire pour justifier vos décisions auprès des managers, des salariés et, le cas échéant, des régulateurs.
4. Calculer l'écart
Une fois les groupes comparables définis, calculez l'écart de rémunération au sein de chaque groupe. Commencez par l'écart global de l'entreprise comme référence, puis analysez par fonction, niveau et localisation pour identifier où se concentrent les disparités. L'analyse la plus robuste utilise une régression pour contrôler l'ensemble des facteurs légitimes – ancienneté, performance, durée dans le poste – en isolant si les caractéristiques protégées demeurent un facteur prédictif de la rémunération une fois tout le reste pris en compte.
Pour la plupart des équipes RH et Rémunération, une analyse par cohortes comparables est le bon niveau de rigueur pour une revue régulière. Commencez large, puis affinez progressivement.
5. Analyser le positionnement dans les grilles salariales
Au-delà du calcul d'écart, examinez où se situent les salariés au sein de leurs fourchettes salariales, en segmentant par groupe protégé. Si les femmes et les hommes d'une même cohorte ont le même salaire médian mais que les femmes se concentrent systématiquement dans la moitié basse de la fourchette, ce schéma va s'aggraver dans le temps lorsque des augmentations en pourcentage seront appliquées. Cette analyse révèle souvent des problèmes que le calcul de l'écart seul ne détecte pas.
6. Identifier où les écarts se créent
Analysez les salaires d'entrée des nouvelles recrues par genre, les taux de promotion par genre et les pourcentages d'augmentation au mérite par genre. Comprendre à quel moment du cycle de vie du salarié les écarts apparaissent vous indique où les processus doivent être corrigés – pas seulement où apporter des corrections dans le cycle en cours.
7. Construire un plan d'action et le communiquer
Documentez les constats, priorisez les écarts les plus significatifs, et construisez un plan de correction avec des responsabilités claires, des échéances et des implications budgétaires. Des corrections salariales apportées sur le cycle en cours sans traitement des processus qui les ont générées se rouvriront au prochain cycle.
Communiquez les résultats aux salariés. La transparence sur ce que l'analyse a révélé et sur les mesures engagées construit davantage de confiance que de traiter l'équité salariale comme un exercice de conformité purement interne.