L'écart salarial femmes-hommes en France : un bon chiffre global, un problème sous-jacent
L'écart salarial non corrigé femmes-hommes en France est de 19 % – le plus faible d'Europe, où la moyenne se situe à 23 %. C'est un résultat genuinement solide sur cette mesure brute.
Mais l'écart corrigé raconte une autre histoire.
Une fois le poste, le niveau et la famille de métier pris en compte – ce qui permet une comparaison à périmètre équivalent entre femmes et hommes exerçant des fonctions similaires – l'écart corrigé en France monte à 3,9 %. C'est le deuxième plus élevé d'Europe, derrière les Pays-Bas (4,0 %), et bien au-dessus de la moyenne européenne de 2,4 %.
C'est l'écart corrigé qui compte pour la conformité à la directive européenne sur la transparence des rémunérations. La directive impose aux entreprises de mesurer et de publier les écarts salariaux au niveau des groupes – ce qui signifie que la grille d'analyse qui produit le chiffre de 3,9 % est exactement celle que les régulateurs appliqueront.
Les femmes représentent 42 % de la main-d'œuvre tech française – proche de la moyenne européenne de 40 % – et 22 % des postes de direction. La représentation n'est pas le principal moteur de l'écart salarial en France. Ce sont les décisions de rémunération qui le sont.
Le problème ne se résout donc pas en recrutant plus de femmes à des postes seniors (même si c'est important par ailleurs). Il s'agit d'auditer si les femmes et les hommes occupant des rôles équivalents, à des niveaux équivalents, avec une expérience équivalente, sont rémunérés de façon équivalente. Pour les entreprises qui n'ont pas encore réalisé cette analyse, le prochain cycle de révision salariale est le bon moment pour commencer.